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Aucune preuve d’origine absolue n’existant, on continue à discuter de l’origine de la dentelle aux fuseaux. Voyageons à travers cette histoire..


XVI eme S

Le nom de PASSEMENT , donné aux premières dentelles aux fuseaux, leur vint de ce que cette industrie était comprise dans la corporation des passementiers, qui seuls avaient droit de faire toutes sortes de « passements de dentelle »

Ainsi donc passement et dentelle sont une même chose à l’origine pour désigner la dentelle aux fuseaux.

Les passementiers emploient souvent dans leurs ouvrages un cordonnet-guipure. Dans le travail aux fuseaux ce cordonnet, par sa raideur ne se prête qu’à l’exécution de passements largement percés. De là vient que l’on donne le nom de guipure à toute dentelle dont les fonds sont larges et irréguliers.

Une des provinces de France où le travail aux fuseaux s’établit le plus tôt, est certainement l’ Auvergne.

Beaucoup d’hommes y sont colporteurs et vont chercher dans le midi soieries et dentelles pour les revendre à Paris et dans les régions du nord de la France. Ces hommes contribuent à ramener « au pays » la connaissance de cette industrie nouvelle des dentelles aux fuseaux qui donnaient lieu à un commerce actif avec l’Italie.

Peu à peu, des femmes françaises imitèrent ces dentelles que leurs maris emportèrent aux voyages suivants.

C’est ainsi qu’Aurillac développa une dentelle d’or et d’argent qu’affectionnait particulièrement l’Espagne et que le Puy-en Velay s’attacha aux dentelles de fil ou guipures de soie. Au XVIIème siècle, on entreprit des dentelles plus larges

Au commencement, on ne faisait aux fuseaux que des dentelles relativement étroites. Elles s’exécutaient en une seule bande sur le métier en conduisant les fuseaux de la même façon, aussi bien en France, en Italie, en Espagne qu’en Flandres. Quand la garniture était plus large qu’une simple bordure, on la rehaussait d’un entre-deux, c’est ce qu’on appelait « bande et passement ». Au XVIème siècle, on ne fit pas autrement.

Au XVIIème siècle

On entreprit des dentelles plus larges. Alors s’est posée la question de division de l’ouvrage. En Italie, France et Espagne, on fabriqua des dentelles larges en divisant le dessin par bandes horizontales, qui se cousaient ensemble, une fois fabriquées.

En Belgique, on eut une autre idée : on découpa le dessin en suivant les lignes capricieuses des fleurs ou des ornements et par petits morceaux séparés mais nullement par bandes. Cette division ingénieuse, permettant de partager l’ouvrage en autant de petites pièces que l’on voulait, fut en partie la cause du très grand succès de l’industrie belge.

On put, en travaillant chaque motif séparément, les réussir plus sûrement quand ils étaient riches et compliqués.

A la place des passements italiens et français, où les parties claires dominaient autour d’un dessin un peu grêle et mince, les flamands entreprirent des dentelles toutes différentes.

Courant du XVIIème siècle


On commença à faire, en Belgique, des dentelles à réseaux. C’était tout d’abord le même procédé que pour les guipures de Flandres, le fond seul variait. Mais par une anomalie bizarre, ces dentelles, fabriquées de la même façon et dans le même pays, se vendirent de par le monde sous le nom de guipure de Flandres quand les fonds étaient à barrettes et sous celui de dentelles d’Angleterre quand le fond était à réseau.

Pourquoi cette évolution ? Les Anglais, voisins de la Flandre, entretiennent un important commerce de dentelles. Cet important commerce oblige la royauté à des édits somptuaires pour empêcher la fuite de leurs devises vers le Flandre. Les anglais, trop friands de dentelles, font alors venir des dentelles de Flandres que leurs ouvrières transforment légèrement et qu’ils rebaptisèrent « points d’Angleterre à réseaux ». Les premiers points d’Angleterre étaient faits par petites pièces séparées, mais fleurs et réseaux sur le même métier. Plus tard on augmenta encore la division du travail : la fleur toute seule et sans fond aucun, se fit par certaines ouvrières, pendant que d’autres étaient occupées à faire seulement des bandes de réseau, sur lesquelles on venait ensuite appliquer les fleurs en les cousant à l’aiguille. C’est ce qu’on nomma l’Application d’Angleterre.

Les dentelles aux fuseaux apparurent dans la consommation un peu après les dentelles à l’aiguille et au cours du XVIIème siècle cette fabrication s’étendit dans toutes les directions. Ses succès ne furent tout d’abord pas aussi grands que pour les dentelles à l’aiguille. Venise et Alençon dominaient tout alors. Il fallut attendre encore quelques années pour que le travail aux fuseaux fut apprécié comme il l’a été depuis et qu’on lui demandât des pièces vraiment artistiques. Plusieurs des plus grands noms de cette production, Valenciennes, Malines, Chantilly, sont à peine prononcés. Mais Colbert a bien préparé le terrain. Il a répandu l’enseignement et semé des encouragements qui fructifient.

¨ La Belgique, secondée par la commerçante Angleterre, commence de son côté à répandre ses charmantes dentelles. Elle donne aux produits du fuseau leur caractère constitutif. C’est dans cette voie que le progrès marquera constamment et qu’un élan extraordinaire va se produire sous Louis XV. Toutes les dentelles à l’aiguille semblent frappées d’une sorte de décadence après la mort de Louis XIV.

Une plus grande importance fut donnée aux motifs mâts, que séparaient à peine quelques traits formés de points clairs. Le toilé serré des fleurs s’assortissait bien mieux aux grands cols plats en toile de la mode flamande. On adopta cette mode en France, et, sous Louis XIII, ces grands cols se substituèrent aux fraises godronnées. Les guipures de Flandres marquèrent donc un grand progrès dans la fabrication aux fuseaux et eurent un légitime succès jusqu’à la mort de Mazarin.

C’est sous l’inspiration de Colbert, succédant à Mazarin, que Louis XIV s’éprit des points de Venise à l’aiguille et 2 ou 3 ans après, songea à les faire reproduire en France. 

A partir du XVIIIème siècle


Les dentelles aux fuseaux ont acquis en quelques sorte les personnalités bien tranchées qu’elles ont gardées depuis. Elles se sont développées en usant de dessins spécialement composés et appropriés à leur nature. La coquetterie féminine a su deviner tout le parti qu’elle pouvait tirer des tissus souples, moelleux, gracieux et vaporeux comme savent en tresser les fuseaux.

Alors se constitué cette série de productions charmantes qui s’appellent la Valenciennes, la Malines, l’Angleterre, le Chantilly, la Blonde, dont chacune forme un type bien particuliers.

Le Cluny est à part : ce nom de fantaisie, car on n’a jamais fait de dentelles à Cluny, vient sans doute de ce que l’on a fabriqué beaucoup de ces dentelles ( d’Auvergne, rajeunies sous le nom de Guipure Cluny) destinées à l’église de l’abbaye de ce même nom.

Ce qui maintient, à travers toutes les vicissitudes, la prospérité du Puy, c’est qu’on y montre une merveilleuse aptitude à changer la nature ou la grosseur des fils à employer.

On y travaille alternativement et sans hésitation, le lin, la soie, la laine, le poil de chèvre et même celui du lapin Angora.

1. Le point de Milan : Milan, après avoir commencé par le passement, s’est appliqué à reproduire les points de Venise avec les beaux rinceaux ornés de fleurs épanouies. C’était donc un autre genre de guipure caractérisé surtout par le type à rinceaux. Il n’y avait plus les reliefs des points de Venise à l’aiguille; les fleurs étaient plates et travaillées en toilé serré. A peine quelques trous et jours dans les surfaces mates pour les éclaircir mais les fonds à barrettes tressées détachaient vigoureusement les enroulements toujours gracieux de ces beaux dessins.

2. La Valenciennes : La Valenciennes n’a reçu son appellation définitive qu’au 18ème siècle. Les modifications ont portées sur les fonds, entre les motifs des dessins. Peu à peu, on n’entassa moins les fleurs les unes contre les autres, et les espaces s’agrandissant furent remplis, d’abord par une sorte de guipure mouchetée de pois répandus comme de la neige. Mais après divers tâtonnements, le réseau classique auquel Valenciennes attacha son nom devint une maille carrée, très régulière, transparente et cependant d’un travail natté, très solide. Dans cette dentelle, fleur et fond sont travaillés en même temps et du même fil. Aucun cordon de conturage n’accompagne le dessin. Cette absence de tout relief facilite beaucoup le lavage. La Valenciennes passe mieux que toute les autres sous le fer à repasser. Un atout précieux pour garnir le linge de maison.

3. La Chantilly : Chantilly est devenue au 18ème siècle, le centre de ralliement des dentellières répandues dans l’île de France.

Après des débuts artistiques forts modestes, Chantilly se créa une réputation très grande , surtout quand elle appliqua son industrie à la production des dentelles noires. On remarque, dans les anciens Chantilly ( blancs ou noirs) beaucoup de dessins à vases et corbeilles fleuries, dessins très fréquents dans la fabrication céramique de Chantilly, qui a joui d’un certain renom, à la même époque.

La matière employée dans les dentelles noires est une soie appelée grenadine d’Alais. Les fils retors qui la composent perdent par cette torsion une partie de leur brillance, ce qui a fait croire à beaucoup de personnes que le Chantilly était fait en fil de lin noir.

Le réseau primitif de cette dentelle est un losange traversé de haut en bas par un fil horizontal. On le dit souvent à fond chant, par abréviation de Chantilly.

Il se fait dans les ajourés de ces fleurs ou de ces ornements, un fréquent emploi de l’ancien réseau du point de Paris, dit aussi Vitré, mariage ou 5 trous, suivant les régions. Mais Chantilly a résisté à l’envahissement de la maille hexagonale, forme Alençon, qui est presque la seule employée depuis longtemps dans toutes les dentelles noires.

19ème et 20ème siècles

Après avoir été longtemps la fortune de Chantilly et de toute la contrée environnante jusque vers Gisors, cette fabrication a disparu des environs de Paris et s’est transportée en Normandie, autour de Caen et de Bayeux. C’est là, qu’elle a pris une extension considérable.

Cet essor est aussi dû à une époque où la mode des châles s’établit très solidement. Pendant 25 à 30 ans, cette mode fut une des plus stables qu’on ait rencontrées dans l’histoire du costume féminin. L’impératrice Eugénie ( 1826-1920), épouse de Napoléon III, a joué un rôle décisif dans l’essor de la mode de ces châles et mantilles de soie noire.

Les dentelles noires de la Normandie ont été portées à un degré de perfectionnement qu’elles n’avaient jamais atteint aux époques précédentes. Les articles si finement ombrés et exécutés à Bayeux défient toute comparaison avec les anciens Chantilly. Dans cette spécialité, le moderne est très supérieur à l’ancien.

Les villes de Grammont et d’Enghein, en Belgique, produisent aussi des dentelles noires mais qui se distinguent facilement des françaises par un travail plus plat et moins nuancé

4. La Blonde : Elle a d’abord été faite en soie écrue, et c’est sa couleur d’un jaune pâle qui l’ a faite baptisée ainsi. Elle ne se fait plus guère, de nos jours, qu’en blanc ou noir.

Deux soies différentes y sont employées, une fine pour le fond réseau, une plus grosse et peu tordue pour les fleurs. Dans les anciens dessins, les mâts sont peu nombreux et le cordon trace des sinuosités capricieuses qui donnent naissance à des entrelacements très percés. La Blonde est souvent faite à la façon espagnole, avec de larges motifs fleuris, composés de beaux mâts, brillants comme du satin et qui se détachent vigoureusement sur la transparence du réseau. Quelques fois des parties de grille en soie fine alternent avec les parties mates en soie plate : c’est ce que l’on nomme la Blonde mi-genre.

Toutes ces dentelles se font par bande. Fleurs et réseaux y sont travaillés ensemble.

Nous allons maintenant parler de celles qui se font par fleurs détachées et se divisent par morceaux analogues à ceux qu’ont fait dans les travaux d’aiguille. Cette disposition d’ouvrage est certainement d’initiative belge.

GUIPURE DE FLANDRES : La première fois qu’une dentellière flamande a fait sur son coussin, une fleur détachée, elle ne se doutait pas de l’énorme service qu’elle rendait à son pays en créant un procédé de fabrication absolument nouveau et dont les conséquences ont été considérables.

La fleur, une fois terminée, il fallut lui faire un fond pour la soutenir et la rattacher aux autres fleurs du dessin. Ce furent des barrettes tressées qui jouèrent ce rôle. Ce genre de dentelle eut un grand succès au XVIIème siècle. Il produisit surtout de grandes garnitures pour les aubes. La qualité est plate et manque de relief mais elle est pleine d’ampleur et de mâle opulence. C’est à Bruges que cette fabrication s ‘est fixée plu spécialement. L’ameublement a su tirer parti des effets larges de la guipure de Flandres ( garnitures de lits, …)

HONITON: Les anglais firent des guipures de qualité plus fines et plus serrées que celle de Bruges.

TULLE et MARLI : Les réseaux, au 18ème siècle, avaient fini par être tellement en faveur, malgré leur monotone régularité, qu’ils ont donné lieu sous Louis XVI, à l’exécution de dentelles qui n’étaient composées que d’un réseau sans dessin, bordé d’un simple picot.

C’est ce que l’on a appelé, suivant leur maille, le TULLE et le MARLI.

Le TULLE semble être né ( époque inconnue) dans la ville de la Corrèze qui porte son nom. Par une extension imprévue, TULLE a donné son nom à tous les réseaux unis que la mécanique a fabriqués.

Le MARLI pourrait tirer son nom du village situé entre Versailles et Saint-Germain. Sorte de Tulle à points carrés.

La révolution fut fatale à Valenciennes. Chantilly qui fut remplacée par la production de Caen et Bayeux n’a pas survécue à l’invention des dentelles faites par la mécanique.


Un grand merci à Christelle pour ses 'recherches historiques'

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